Jean Philippe Allenbach fondateur de parti fédéraliste
Militant de la première heure pour une France Fédérale dans une Europe Fédérale.
Ami politique et proche de Guy Héraud et d’Alexandre Marc.
Fondateur, Président et candidat du Parti Fédéraliste de 1997 à 2005.

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LA VERITE

Avec internet, les satellites, les paraboles , les statistiques et "google" jamais les sources d'information objective n'ont été aussi abondantes pour quiconque souhaite se renseigner à titre privé sur la réalité des choses. Le problème est que trop d'informations tue l'information, l'immense majorité des citoyens se contente en réalité du journal TV, de la radio ou de la lecture rapide d'un quotidien national ou régional. Or dans les médias, surtout télévisés, on est moins dans l'info que dans "la com". Le but principal d'un journal TV n'est pas de fournir l'info la plus objective et la plus diverse possible mais de créer une émotion. Avant chaque bulletin on sélectionne ce qui a le plus de chances de faire pleurer dans les chaumières, d’ effrayer ou d’ indigner. Et le lendemain on en remet une couche ou on passe à autre drame : catastrophes naturelles, écologiques, économiques ou sociales, « affaires » politiques, tout est bon. La peur et l'horreur, ça marche et ça fait de l’audimat : 1% d'audience en plus c'est 30 millions d'euro de recettes publicitaires en plus. La TV est une véritable force de frappe laissée aux mains de quelques uns. C'est le principal vecteur de diffusion de la "pensée unique" à l'intérieur des foyers, on est aux antipodes de la démocratie.

Il y a les réalités qu'on passe sous silence et sur lesquelles on occulte le débat parce que celles-ci dérangent. Tony Blair déclare que c'est un non-sens économique d'accorder à l'agriculture au niveau européen 15 fois plus qu'à la Recherche et à l'Education qui sont les clés de l'économie moderne et des emplois futurs. ? On occulte car ce serait là attaquer nos agriculteurs. Des pays européens publient d’excellents résultats en matière d’emploi ? on occulte car ce serait là souligner nos mauvaises performances. L’Allemagne déclare sa ferme volonté de poursuivre le processus de ratification du Traité Constitutionnel ? on occulte car ce serait là souligner notre isolement. Le développement des nouvelles technologies, la mondialisation de l'économie, la concurrence internationale sont des phénomènes qui entraînent des bouleversements complets dans notre mode de vie privée et professionnelle ? on occulte car ce serait là menacer le "modèle français". Tout comme on a occulté le fait que le nuage de Tchernobyl avait passé la frontière française pour ne pas faire de tort à nos agriculteurs. En un mot, tout ce qui se passe ou se dit dans le monde et qui ne va pas dans le sens de la valorisation de notre image ou de nos certitudes est soigneusement écarté. Or il n'y a pas de mensonge y compris par omission qui soit innocent.

Et puis il y a l’intox. Ces contre-vérités, ces idées toutes faites et ces stéréotypes qu'on nous assène: la France patrie des Droits de l'Homme, pays modèle sur le plan social , centre mondial de la culture, et à côté les Américains incultes, les Allemands lourdaux, les Suisses profiteurs, les Belges stupides, et les Polonais plombiers. Il y a aussi les mots tabous : l’argent, la réussite, la sélection, le mérite… pourtant il y a bel et bien des bons et des mauvais: des bons et des mauvais profs, des bons et des mauvais élèves, des bons et des mauvais fonctionnaires , des bons et des mauvais citoyens… Tabou aussi le simple mot de "fédéralisme" accusé par M Chirac de "déstabiliser les consciences » («  La France pour tous » p..)

Or, pour moi, toute vérité politique ou sociale même si elle dérange est bonne à dire. Toute option doit pouvoir être examinée et tout choix remis en cause en dehors de la pensée unique et de ses vaches sacrées. Les statistiques, les chiffres, les faits, les réalités doivent primer sur les idées toute faites et tout ce que j'affirme plus loin est fondé sur des chiffres officiels soit de l'INSEE soit d'Eurosat soit de l'OCDE.

Entre les vérités qu'on nous dissimule et les contre-vérités qu'on nous ressasse, nous sommes dans la société du mensonge institutionnalisé. Or « un mensonge, même inlassablement répété n'en devient pas pour autant une vérité » (Gandhi). Il faut toujours douter de tout et toujours être prêt de "recracher" les idées conventionnelles comme le disait Romain Gary : " Je suis contre tous les systèmes politiques qui croient détenir le monopole de la vérité. Je suis contre tous les monopoles idéologiques. Je vomis toutes les vérités absolues. La démocratie, c'est le droit de recracher"

LA RESPONSABILITE

La liberté dont nous jouissons en démocratie implique automatiquement la responsabilité, étant libres de nos actes nous sommes pleinement responsables de leurs conséquences vis-à-vis de nous-même et des tiers. Chacun décide à chaque seconde par ce qu'il dit et ce qu'il fait de ce que sera son lendemain. Comme le dit Bergson : "Quand à la veille de votre mort vous faites le point sur votre vie vous avez mené très exactement la vie que vous vouliez mener".

La recherche permanente de boucs émissaires est une des tares de la société française. A coups de "pourquoi ?" on déresponsabilise jusqu'à parfois transformer les coupables en victimes. Or s'il est utile de connaître la cause d'un événement malheureux pour éviter qu'il ne se répète, le "pourquoi ?" est trop souvent juste une bonne excuse. Le fait qu'un comportement nuisible ait une cause ne change rien à la responsabilité de son auteur. Que le World Trade Center soit réduit en cendres par des terroristes, que nos banlieues s'enflamment ou qu'un professeur soit poignardé en plein cours, aussitôt défilent à la télé les "pourquoitistes". Quand on entend sur un plateau de télévision une star du spectacle nous dire à propos des incendies dans les banlieues " S'ils en arrivent à brûler des voitures, c'est qu'on leur en a fait des misères !" on se dit que cinquante ans plus tôt au procès de Nuremberg elle se serait écriée : : " Pour qu' Hitler en soit arrivé à brûler les juifs, c'est que les juifs avaient du lui en faire des misères !" Si les Alliés avant de débarquer s'étaient posé la question de savoir "pourquoi" la France avait capitulé face à l'Allemagne, il est fort à parier qu'ils auraient pu trouver maintes raisons de se dire que finalement elle avait récolté ce qu'elle avait semé. Les "pourquoi" sont également le meilleur moyen pour minorer les bonnes actions afin de ne pas avoir à en remercier leurs auteurs. Les Américains ont libéré le territoire. Oui mais pourquoi ? Parce que c'était leur intérêt ! Exit donc les remerciements. Non seulement ces " pourquoi " à répétition paralysent l' action mais en plus il sont une arme de propagande politique redoutable car , la question est employée toujours de manière partiale. Par exemple qu'une bavure policière ou militaire soit commise dans le cadre d’une action initiée par une démocratie et là on ne se demande pas "pourquoi" car cela mettrait en évidence qu'avant la bavure il y avait eu des actes de terrorisme…Dans ce cas là les "pourquoitistes" deviennent étonnamment muets.

Dire que la société est responsable, c’est dire que tout le monde l’est et dire que tout le monde l’est c’est dire que personne ne l’est. A force de trop chercher les causes des violences on finit par les excuser et à force de vouloir tout comprendre on finit par tout justifier. C'est sans doute pourquoi il n'y a jamais autant qu'aujourd'hui une telle accoutumance à la barbarie, ses auteurs se battant toujours pour une prétendue bonne cause ou ses victimes l’ayant bien mérité. C'est ce que Jean Daniel appelle "la barbarie banalisée" phénomène qui résulte directement de la perte progressive des notions de bien et de mal ces repères moraux lesquels sont à la base même de toute notre civilisation européenne.

LA JUSTICE SOCIALE

La contrepartie normale de la responsabilité est que la société doit mettre en place tout ce qu'il faut pour aider ceux qui ne sont pas directement responsables de la situation difficile dans laquelle ils se trouvent. La justice sociale passe donc d'abord par une examen du degré de responsabilité de la personne dans ses propres difficultés. Elle n'a pas pour objet de faire la charité tous azimuts sans même se poser la question de savoir pour quelle raison son bénéficiaire est dans la misère ou même s'il l'est vraiment. Elle n’a pas pour but d’offrir un substitut financier à celui qui ne veut pas fournir d'effort. Elle n’est enfin pas sélective avec pour objectif de permettre le maintien des avantages acquis ou des privilèges de certains au détriment d’autres ou de la collectivité dans son enesmble.

La justice sociale c’est reconnaître à la personne humaine son juste droit à être pleinement aidée par la collectivité si jamais un jour elle se retrouve la victime d'événements pour elle imprévisibles, irrésistibles et extérieurs. Ainsi il en va par exemple de la maladie, des accidents, des licenciements, des catastrophes naturelles et surtout du handicap financier pour l'accès à l'éducation notamment supérieure. Santé, licenciements, Education : voilà les trois points principaux sur lesquels la solidarité nationale doit se concentrer. Elle a aussi pour objet de récompenser les personnes aux bons comportements. Et le "bon comportement " se mesure à ce qu'on donne aux autres par rapport à ce qu'on leur prend. Il y ceux qui créent ou offrent du bonheur aux autres que ce soit matériel, intellectuel ou culturel (créateurs d'emplois, infirmières, aides sociales, chercheurs, médecins, artistes, contribuables..) et ceux qui se contentent de prendre à la société sans jamais rien lui donner. Il s'agit là d'un distinguo fondamental en matière de justice et d’aide sociale.


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La province c'est CAPITAL par Jean Philippe Allenbach
Dans toutes les librairies (Hachette) le 21/11/2006
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Déja publié en 1996
«  Nous, on propose ! »

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