Jean Philippe Allenbach fondateur de parti fédéraliste
Militant de la première heure pour une France Fédérale dans une Europe Fédérale.
Ami politique et proche de Guy Héraud et d’Alexandre Marc.
Fondateur, Président et candidat du Parti Fédéraliste de 1997 à 2005.

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Le rejet du TCE c’est la mort de l’Europe politique.
La règle en cas de rejet du traité par certains pays la règle était claire : s’il apparaît que certains pays ont dit « non » alors le Conseil européen se saisira de la question, sous réserve qu’au moins 20 pays aient dit « oui »,. Or, aujourd’hui cette règle est contestée. C’est la cacophonie générale.

On se retrouve avec 5 options différentes : pour le gouvernement français, la France ayant dit  non, « la Constitution est morte »  Incroyable arrogance. Le TCE n’est pas un projet français mais européen et on ne voit pas en quoi le « oui » d’ autres pays comme l’Allemagne serait moins respectable que le « non » français. Pour d’autres comme l’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne, l’Irlande, le Luxembourg ou le Portugal, la ratification doit se poursuivre et il suffira de faire revoter les pays réfractaires à la fin sur un nouveau texte avec un « protocole social » pour les Français. Pour le Royaume-Uni, pas besoin de Constitution. Pour certains comme le Tchéquie et la Pologne le « non » français doit être l’occasion d’annuler tous les traités européens antérieurs ! Enfin pour certains comme l’Italie, il faut créer un noyau dur fédéral au sein de l'Union européenne ».

C’est la menace sur l’Europe économique avec le « patriotisme économique » de Dominique de Villepin. On rafle aux Belges Electrabel et aux Italiens Edison et la Banca Nazionale del Lavoro mais on les bloque quand ils veulent rentrer sur notre marché. Pour l’Allemagne et l’Italie c’est du « nationalisme déguisé ». A l’heure de la mondialisation ce ne sont pas des « champions » nationaux mais européens qu’il nous faut. Pour les Français, peu importe que Suez soit français ou italien, ce qu’ils veulent c’est être sûrs d’avoir du gaz demain et que les prix en seront abordables. Et pour bien négocier face à Gazprom il nous faut un groupe gazier européen et non pas 25 mini-sociétés nationales.

C’est l’assassinat du budget européen. De combien les Etats ont-ils décidé d’augmenter le budget européen 2007-2013  pour lui permettre de remplir ses missions traditionnelles plus les nouvelles qu’ils lui ont assignées du fait de l’élargissement et dans le cadre de leur « stratégie de Lisbonne » en faveur de l’emploi ? 0 ! Pire : les enveloppes européennes pour la formation sont en baisse de 42%, celles pour la croissance  de 37% et celles pour la recherche de 27% ! Le budget européen est d’à peine 1,05 % du PIB, alors que budget fédéral américain représente près de 20% de leur PIB !

C’est enfin l’avortement du projet d’Europe sociale : Instaurer une règle du jeu social commune en Europe présuppose qu’il y ait une institution chargée de sa définition et de sa mise en œuvre et donc que le social soit de la compétence d’une autorité européenne dont les décisions s’imposent à tous les pays. Réclamer l’Europe sociale tout en disant « non » à l’Europe politique est un non-sens intellectuel. En rejetant le TCE on a stoppé l’Europe politique et du même coup tué dans l’œuf toute possibilité d’Europe sociale.

Pour le moment en ce qui concerne l'Europe tous les désespoirs sont permis. Et le plus grave de tout ce n'est pas que la France ait pris la responsabilité historique de casser la dynamique européenne ni qu’elle ait offert un boulevard aux ultra libéraux, populistes et nationalistes ni même qu’elle ait tué dans l’œuf toute idée d’Europe politique et sociale…c’est que tout le monde s'en foute !

 


La province c'est CAPITAL par Jean Philippe Allenbach
Dans toutes les librairies (Hachette) le 21/11/2006
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Déja publié en 1996
«  Nous, on propose ! »

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